Moins de moyens à la rentrée 2026 : dans le privé aussi

Moins de moyens à la rentrée 2026 : dans le privé aussi en version pdf
Diaporama de présentation de la DAF sur les moyens 2026 (04/02/2026)
Budget EN : quels moyens pour la rentrée 2026 (1/02/2026)
CCMMEP des moyens 2026... mais sans les moyens (28/01/2026)

 

Cette carte des moyens 2026 ne nécessite pas vraiment de commentaire : c’est l’annonce d’une nouvelle saignée pour le service public d’Education nationale. Aux 3256 postes supprimés dans l’enseignement public s’ajoutent 762 suppressions dans l’enseignement privé (19% du total privé-public). Il n’y avait donc pas d’erreur de la part du ministre de l’éducation nationale : on arrive bien à la suppression des 4000 postes annoncée par E.Geffray le 18 octobre dernier.

Le sempiternel alibi de la baisse démographique

Ci-dessous un tableau regroupant les chiffres donnés lors du CCMMEP. La diminution totale des élèves est de 11 254 élèves. Ce qui peut paraitre important en chiffre absolu ne représente que 0,54% des 2 millions d’élèves scolarisé.es dans l’enseignement privé sous contrat.

L’origine réelle de la suppression des moyens provient du « contexte budgétaire » et de la décision politique de réduire les budgets de l’Education nationale. Baisse démographique ou pas, les diminutions de postes sont d’ailleurs constantes depuis de nombreuses années,

Pour autant, malgré cette baisse démographique et l’annonce des restrictions budgétaires, l’administration a annoncé une augmentation des moyens en 2026, ce qui est pour le moins surprenant.

Un tour de passe-passe : additionner postes devant élèves et postes de stagiaires

De fait, l’administration a tenté de relativiser les chiffres par la mise en balance des postes « enseignant.es stagiaires ».

Pour autant, le calcul – 482 – 280 + 818 = +56 est une addition fallacieuse. Elle donne à penser que cette année 2026, le nombre de professeur.es devant élèves augmente. La réalité : ces 818 ETP (équivalents temps pleins) stagiaires ne correspondent pas à 818 professeur.es en poste devant élèves. Ce sont des collègues – qui sont rémunéré.es pendant qu’iels apprennent leur métier – en étant parfois en charge de classe, et parfois pas du tout dans les classes. Le principe de cette rémunération, liée à la réforme de la formation initiale, n’est pas à remettre en cause. Plus douteux, le fait d’en tenir compte dans la balance des moyens.

762 suppressions de postes d’enseignant.es

Sur le terrain : il va y avoir 762 suppressions de postes d’enseignant.es.

Les retombées concrètes sont multiples

  • Pour les titulaires : des pertes d’heures et de postes pour le prochain mouvement
  • Pour les maîtres délégué.es : plus de difficultés pour avoir un poste en dehors des remplacements et des postes protégés. La question des licenciements de aitres délégué.es en CDI va de nouveau se poser.
  • Pour tou.tes : professeur.es comme élèves, une dégradation des conditions de travail et d’études. Ces suppressions de postes vont mathématiquement entrainer une augmentation du nombre d’élèves par classe alors que les études internationales démontrent que c’est délétère et inefficace.

A noter, deux autres annonces :

  • les moyens des réseaux hors enseignement catholiques sont réduits de moitié (10 ETP)
  • le SGEC bénéficie de 13 ETP pour des « projets ». Sous quel arbitrage ? Même question quant aux ETP fléchés vers des missions DDEC dans les académies sans que ces utilisations soient précisément controlées.

Et le SGEC dans tout cela ?

Ce CCMMEP en visio a été une nouvelle fois l’occasion de rappeler le rôle de chacun.e. Dans nombre d’académies, les chiffres des moyens ont été diffusés via des chefs d’établissements, des réunions de l’enseignement catholique…

Parallèlement, aucune information n’a été transmise aux organisations syndicales en amont du 4 février. Les personnels sont pourtant les premiers concerné.es par les suppressions de postes.

Il est inadmissible que des informations, des discussions, des ajustements aient lieu entre MEN et SGEC en dehors de tout contrôle. Nous rappelons que les structures de l’enseignement catholique ne sont pas partie prenante dans le Code de l’Education. Ce sont les organisations syndicales qui doivent être l’interlocuteur du ministère employeur.

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