28 septembre 2025 Avortement : les femmes décident !

Nous défendons toujours le droit à l'avortement partout dans le monde Appel du collectif "Avortement en Europe, les femmes décident"
28 septembre : IVG, plus qu’une liberté, un droit ! Communiqué FERC-CGT 16/09/2025

 

Quand il y a un an, nous commencions le communiqué en nous réjouissant de l’inscription de « liberté garantie » pour les femmes de recourir à l’Interruption Volontaire de Grossesse dans la Constitution française ; cette année, c’est la colère qui nous anime. Cet été, nous avons appris le projet du gouvernement des États-Unis de détruire un stock de médicaments contraceptifs. Le gouvernement américain a rejeté toutes les offres d’organisations humanitaires internationales, des pays et des acteur·trices mondiaux·ales de la santé de rachat ou de redistribution de ces contraceptifs, au départ destinés aux pays partenaires à faibles revenus. L’administration Trump s’est montrée implacable dans son obsession de contrôler le corps des femmes, non seulement aux États-Unis, mais aussi dans le monde entier.

Aujourd’hui, des palettes de contraceptifs restent inutilisées dans des entrepôts en Belgique et doivent arriver en France pour être détruits. De nombreuses associations ont interpellé le gouvernement français et la commission européenne pour intervenir auprès du gouvernement étatsunien. L’Europe renvoie la responsabilité à la Belgique et la France, dépositaires des stocks. Le gouvernement français s’estime illégitime, les stocks appartenant à l’US AID (Agence des États-Unis pour le développement international). Pire ! Les contraceptifs ne sont pas considérés comme des médicaments essentiels, et puisqu’il n’y a pas de pénurie, les autorités françaises sont impuissantes.

La Fédération internationale pour le Planning familial estime que cette destruction pourrait priver 1,4 millions de femmes et de filles en Afrique de moyens de contraception.

À l’heure actuelle, nous ne savons pas si la France a déjà fait procéder à la destruction entière ou partielle des stocks.

Cette actualité s’ajoute aux coupes budgétaires impactant encore une fois les associations accompagnant les femmes dans leur parcours IVG et les centres dédiés.

Les décisions politiques, prises par un gouvernement qui prétend faire de l’égalité une grande cause, creusent les inégalités et mettent particulièrement à mal la santé des femmes en France, et dans le monde. Les groupes de pression anti-choix français et internationaux attaquent le droit à l’avortement, notamment sur internet en diffusant de fausses informations et en culpabilisant les femmes.

La Fédération de l’Éducation, de la Recherche et de la Culture de la Confédération Générale du Travail est féministe : elle lutte contre toutes formes de freins à l’exercice du droit des femmes et revendique l’accès réel à l’IVG. L’allongement du délai à 14 semaines de grossesse, l’inscription de la liberté garantie ne suffisent pas si, dans les faits, les femmes se retrouvent démunies et seules. Il est urgent de rouvrir et d’ouvrir les centres IVG et maternités de proximité pour faciliter l’accès des femmes à leurs droits, et aussi de soutenir les associations qui militent pour ces droits, comme le Planning Familial.

La FERC CGT exige la mise en place réelle des 3 séances annuelles d’information et d’éducation de toutes et tous à la vie affective et sexuelle comme le stipule la loi de 2001, et l’application des programmes d’EVAR/EVARS applicables depuis cette rentrée, dans l’enseignement public et privé sous contrat avec l’État.

La FERC CGT œuvre aussi pour que la France se batte pour l’inscription du droit à l’IVG dans la Charte européenne des droits fondamentaux.

La FERC CGT appelle à participer le plus largement possible aux initiatives qui auront lieu partout en France à l’occasion de la journée internationale pour le droit à l’avortement le 28 septembre.

Le 28 septembre 2025, à 13h, place de la République à Paris et partout en France

En cette journée internationale pour le droit à l’avortement du 28 septembre 2025, nous exprimerons notre solidarité avec les femmes du monde entier qui n’ont pas accès à ce droit. Avec celles qui sont poursuivies par les anti choix, traditionalistes religieux ou masculinistes, quand elles luttent pour une société égalitaire en défendant leurs droits.

Nous voyons ces politiques à l’œuvre aux USA, en Pologne, en Hongrie, en Italie, et cela aboutit à la mort de jeunes femmes par refus de soins. Aujourd’hui, en Pologne, aux USA, des médecins ont peur d’être poursuivi.e.s pour complicité d’avortement illégal.

Dans ce contexte européen et international de poussées suprémacistes d’extrême droite, nous exigeons l’inscription du droit à l’avortement dans la Charte européenne des droits fondamentaux de l’Union européenne.

En France, la politique du pouvoir est toujours de réduire le nombre d’hôpitaux et de maternités de proximité. Des centres de santé sexuelle de proximité, sous prétexte d’ ”effort budgétaire », voient leurs portes se fermer par des collectivités territoriales ( Drôme par exemple). Dans le Loiret, le Planning familial subit une baisse de subvention du conseil départemental de 10 %. En même temps c’est toujours un seul et même labo, Nordic Pharma, qui possède le monopole de fabrication des médicaments nécessaires à la réalisation des IVG médicamenteuses. Ceci le rend très vulnérable à la pression des anti avortements. Les femmes ne peuvent toujours pas choisir la méthode pour avorter. La double clause de conscience est toujours un frein. La fermeture de la Maternité des Lilas, lieu emblématique autour des droits des femmes, est la preuve qu’en matière de santé publique seule la ligne budgétaire compte.

Nous savons qu’en France, si l’extrême droite arrivait au pouvoir, que les premières mesures prises seraient de restreindre les droits des femmes en général et plus particulièrement, le droit à l’avortement malgré l’inscription de la « liberté garantie » dans la Constitution. Ce seraient des moyens réduits d’exercice professionnel (lieu, matériels, pénurie de médicaments) pour les soignants, un accès restreint à ce droit pour les femmes ayant choisi d’interrompre une grossesse. Ce serait également une vague de désinformation pour culpabiliser et déstabiliser les femmes dans leur choix, et menacer les professionnel.les.

Nous devons réagir, dénoncer la moindre atteinte, le moindre obstacle. Nous ne voulons pas subir. Partout en France, en cette journée, nous manifesterons dans la rue, nous participerons à des événements, nous ne permettrons pas que nos droits soient bafoués, oubliés, enterrés par les discours réactionnaires. Nous ne resterons pas invisibles.

Nous manifesterons le 28 septembre 2025 pour la défense et l’application effective du droit fondamental à l’avortement partout dans le monde.

COLLECTIF « AVORTEMENT EN EUROPE, LES FEMMES DÉCIDENT »

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