Notre-Dame de Toutes Aides Nantes - Santé mentale : remettre de l’humain dans nos établissements en version imprimable
Le jeudi 24 avril dernier, un élève porteur d’une affection psychique grave commettait l’irréparable dans l’ensemble scolaire Notre Dame de Toutes Aides à Nantes, assassinant une de ses camarades de classe et en blessant trois autres. Nos premières pensées vont naturellement aux familles, aux élèves et aux collègues, de droit privé ou agent public de l’État, gravement marqué·es par cette épreuve.. Cet événement renvoie nécessairement à une multitude de facteurs. Bien évidemment, la recherche des causes de ce drame s’oriente immédiatement vers le parcours de ce jeune élève qui a utilisé la violence comme expression. Cet accablement touche également l’institution elle-même consciente qu’il faudrait pouvoir détecter les difficultés, les prendre en compte et les orienter vers les solutions appropriées en lien avec les enseignant·es, les personnels et les familles. Nos responsables régionaux, interrogé.es par la presse*, n’ont eu de cesse de marteler des évidences.La pédopsychiatrie en France en général, dans le milieu scolaire en particulier, est sinistrée : il s’agit clairement d’un désastre sanitaire. Les professionnel·les ont alerté les pouvoirs publics depuis de nombreuses années. Les collègues font comme ils peuvent mais tout cela devient trop lourd. Alors que les arbitrages politiques sous-dotent les secteurs en question, en 2023 un jeune de 3 à 17 ans sur six rencontre des difficultés psychosociales. En 2024, une large majorité de ces jeunes (71 %) ont confié ne s’être tournés vers personne pour évoquer leurs difficultés psychologiques. Ce chiffre marque une progression inquiétante de 7 points par rapport à 2022. Dans certains départements, jusqu’à 40 % des postes de psychologues n’étaient pas pourvus à la rentrée scolaire 2024. À Nantes, 7e ville de France, on ne compte que 14 places* en psychiatrie pour les enfants. Autant d’exemples qui reflètent une réalité nationale. Ce manque de moyens dédiés à la santé mentale – et à la santé en général – des jeunes est en totale contradiction avec les exigences d’inclusion dans les établissements scolaires. Les réponses du gouvernement pour le moment sont indigentes.Ce n’est évidemment pas par la répression que ce type de problématique sera réglée. Les portiques de sécurité existent depuis les années 1980 aux Etats-Unis. 65% des établissements en disposent. Il en résulte que le complexe industriel spécialisé dans la sécurité scolaire est un secteur très lucratif mais ces systèmes extrêmement couteux n’empêchent pas jusqu’à 2 à 3 meurtres par mois*. La solution : des moyens de prévention et d’écoute des jeunesL’ensemble des personnels au contact des jeunes doit être régulièrement formé à ces questions de santé mentale. C’est particulièrement important pour les AESH, enseignant·es, et personnel de vie scolaire. Plus généralement, nous avons besoin de spécialistes au sein des établissements : infirmières scolaires, professeur·es spécialisé·es, médecins, psychologues… Nos jeunes doivent disposer d’un accès facilité à des professionnel·les formés en nombre suffisant. Enfin, pour les situations les plus préoccupantes, des structures spécialisées dédiées doivent pouvoir les prendre en charge dès que nécessaire. La CGT enseignement privé sous contrat avec l’État demande à ce que le gouvernement prenne ses responsabilités et élabore un plan ambitieux pour la santé mentale. Il est essentiel de s’occuper efficacement des enfants et des personnels « en première ligne » qui méritent mieux que l’ignorance et l’incompétence de celles et ceux qui nous dirigent. Les moyens nécessaires doivent être déployés : il s’agit d’une urgence. La santé des enfants comme celle des personnels n’a pas de prix !Montreuil, le 2 mai 2025 |
*Presse: Notre-Dame de Toutes-Aides Attaque au couteau à Nantes : « Il manque des psychologues », pointe cet ancien enseignant de l’établissement 20 minutes, 25/04/2025 Réactions suite à l'attaque au couteau hier à Nantes, Ouest France Télé Nantes, 25/04/2025 installer des portiques ne va pas "résoudre la problématique" de la sécurité en milieu scolaire, estime la CGT, France Info, 25/04/2025 Attaque au couteau dans un lycée à Nantes, l'installation de portiques de sécurité, une option qui divise, France 3, 25/04/2025 Situation de la pédopsychiatrie à Nantes « Pédopsychiatrie en danger » : la CGT et des professionnels reçus au ministère de la Santé, Ouest-France, 26/11/2024 "On se sent coupables", les soignants du CHU de Nantes en pédopsychiatrie se sentent démunis France Bleu, 26/09/2024 **Communiqués Non à la mort programmée de la psychiatrie publique, CHU de Nantes : appel intersyndical à témoigner, 28/01/2025 Face aux crises et pour l’avenir : il faut prendre soin de sa jeunesse !, CGT, 4/03/2025 Notre-Dame de Toutes Aides Nantes - Santé mentale : remettre de l’humain dans nos établissements, CGT-EP, 2/05/2025
