+0,5% aux NAO 2025 CEPNL : mépris et cynisme du collège employeur

+0,5% aux NAO 2025 CEPNL : mépris et cynisme du collège employeur ! en version imprimable
NAO 2025 - Décision unilatérale - Communiqué employeur (12/05/2025)

  

Le mardi 29 avril 2025 s’est tenue la Négociation Annuelle Obligatoire, NAO, de la branche de l’Enseignement Privé à but Non Lucratif, EPNL.

Suite à l’annulation de l’arrêté de représentativité définissant le poids des syndicats dans la branche le 2 avril, tous les syndicats auraient dû être conviés à la négociation ; or malgré nos nombreuses démarches, la CGT EP a été exclue.
Nous n’en resterons pas là et mettrons tout en œuvre pour réintégrer toutes les négociations de la branche.

En notre absence cette négociation n’a pas conduit à un accord avec les syndicats présents et les employeurs ont décidé unilatéralement d’une augmentation de 0,5% du point en 1er septembre 2025 le portant à 20,03 € brut.

Les employeurs arguent que l’inflation a ralenti, qu’il y a tous les ans des points d’ancienneté et que cette année tou·tes les salarié·es de la branche devraient par ailleurs bénéficier de 15 points d’augmentation.  En effet, en l’absence d’évolution de classification ces trois dernières années 15 points doivent être accordés grâce à l’entretien triennal qui doit être organisé avant le 1er septembre 2025 pour tou·tes les salarié·es, ce dispositif a remplacé les 25 points tous les 5 ans liés à la prise en compte de la formation professionnelle.

La CGT rappelle que les points d’ancienneté et triennaux ont été créés pour garantir un minimum d’évolution salariale au cours de la carrière, pas pour compenser l’inflation ! Avec un tel raisonnement, notre pouvoir d’achat est condamné à reculer ou stagner.

Si on s’intéresse à l’inflation depuis la création du point conventionnel en 2010, on constate une grosse perte de pouvoir d’achat avec une accélération depuis septembre 2020 et la crise COVID.

En 14 ans l’IPCH, indice des prix à la consommation harmonisé, a augmenté de 30,8% et le point de la convention collective de 20,4%. Pour rattraper ce retard, c’est une augmentation de 8,2% qu’il aurait fallu. On peut se rendre compte concrètement de la perte de pouvoir d’achat :

CEPNL Salaire Strate 1 si suivi de l'inflation 2025

CEPNL Salaire Strate 2 si suivi de l'inflation 2025

CEPNL Salaire Strate 3 si suivi de l'inflation 2025

CEPNL Salaire Strate 4 si suivi de l'inflation 2025

Sur cette année scolaire alors qu’elle n’est pas encore finie, de septembre 2024 à avril 2025 l’IPCH a augmenté de 1,1%, on est déjà bien au-dessus des 0,5% décidé. Une année supplémentaire où ils vont nous faire perdre du pouvoir d’achat. C’est inacceptable !

Les employeurs se cachent derrière les établissements en difficulté et les familles modestes qui ne pourraient pas supporter une augmentation des tarifs, mais en réalité les moyennes des indicateurs économiques sont bonnes, et nos établissements accueillent un public largement favorisé.

Mais qu’en est-il de leurs salarié·es ?

Le rapport économique et social de la branche nous apprend que nous sommes 89 476 salarié·es et nous pouvons aussi en déduire une répartition des salaires.

Répartition des salariés de la branche EPNL en fonction du salaire brut moyen

  • 51% des salarié·es ont un salaire sous le seuil de pauvreté dans notre branche, 45000 personnes !
  • 64% sous le SMIC à temps plein.
  • 85% sous les 2 000€ bruts, salaire minimum pour vivre décemment que revendique la CGT.

Les employeurs ont beau jeu de se réclamer de l’économie sociale et solidaire, de la doctrine sociale de l’église quand dans le même temps ils paient leurs salarié·es pour moitié sous le seuil de pauvreté et pour 85% d’entre nous sous un revenu décent.

Quel cynisme !

Pour la CGT avec leur levier d’action, un réel engagement à combattre la pauvreté serait de revaloriser tous les salaires sous les 2000€ bruts et de réguler fortement l’usage du temps partiel dans les établissements. Nous sommes plus de deux tiers à temps partiel et donc salaires partiels !

Dans l’urgence pour faire face à la pauvreté et la précarité dans notre branche :

La CGT revendique pour les salaires :

  • Une augmentation du point de 5% pour compenser la perte de pouvoir d’achat depuis au minimum la crise COVID.
  • Et une augmentation immédiate des échelons de la strate I, II et III sous les 2000€ bruts, et la réouverture des négociations pour une refonte totale du système de classification afin de garantir une réelle reconnaissance de la qualification professionnelle et une meilleure évolution salariale pendant la carrière.

La CGT revendique pour les temps partiels :

La CGT revendique aussi de s’en tenir à la durée minimale légale hebdomadaire de 24h et d’abandonner la durée minimale de travail hebdomadaire à 17h30 prévue dans l’accord relatif à l’organisation du temps partiel dans la branche EPNL. Avec aussi dans le même temps pour les temps partiels annualisés un seuil pour les heures complémentaires fixé à 3 heures de plus que la durée hebdomadaire prévue au contrat de travail, avec une majoration de 25 % pour chacune des 4 premières heures complémentaires et 50 % pour les heures suivantes. Actuellement, quel que soit le temps partiel il faut dépasser les 40h par semaine pour avoir une majoration !

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